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Découverte de la maison Saint-Yves et de la Villa Rohannec’h à Saint-Brieuc

Article rédigé par Virginie Morgant-Le Diffon

Vendredi 14 novembre, les membres du Réseau des professionnels du patrimoine breton se sont retrouvés à Saint-Brieuc. Au programme de cette journée : la découverte de la maison Saint-Yves et de la Villa Rohannec’h.

La maison Saint-Yves, joyau de l’Art Déco en Bretagne

La maison Saint-Yves est la maison du diocèse de Saint-Brieuc. L’ancien Grand Séminaire, devenu maison du diocèse, a été entièrement rénové en 2017. Un réaménagement d’ampleur pour ce site désormais ouvert sur la ville et ses habitants. Nous avons été enchantés de découvrir ce lieu moderne, chaleureux et accueillant.

Première étape : découverte des archives diocésaines en compagnie de Maryline Ricaud, archiviste.
Composées des fonds des différents évêques, des registres des paroisses, des communautés religieuses et des prêtres, les archives renseignent sur la vie du diocèse du XIXe siècle à nos jours. On y trouve des documents liturgiques, mais aussi des archives liées à l’enseignement, aux œuvres, aux actions catholiques, aux mouvements, ainsi qu’à la vie culturelle, sociale ou encore agricole.

Seconde étape : découverte de la bibliothèque en compagnie de Maud Hamoury, bibliothécaire.
Les 350 m² de la bibliothèque actuelle réunissent les anciennes bibliothèques des professeurs et des élèves de l’ancien Grand Séminaire. Accessible à tous pour l’emprunt et la recherche, elle dispose d’un fonds contemporain, mais également d’un fonds ancien d’ouvrages du XVIe au XIXe siècle.
Nous avons eu la chance de pouvoir y consulter deux incunables (premiers livres imprimés avant 1500) ainsi qu’une Bible polyglotte de 1645.

Troisième étape : découverte de la chapelle Saint-Yves en compagnie de Jean-Yves Leray, guide bénévole.
La chapelle bénie en 1929 est dite « chapelle des Seiz Breur », bien qu’aucun artiste du mouvement créé par Jeanne Malivel n’y ait travaillé. Elle est un joyau de l’Art déco breton. Derrière sa structure en béton armé se cache un décor et une élévation saisissants. Ses murs, couverts de fresques aux couleurs chatoyantes, contrastent avec un sol de mosaïques noires et blanches d’Isidore Odorico. Les iconographies portent de nombreuses références religieuses : frise d’eau et poissons, évangélistes, apôtres, présence du paon symbolisant le renouveau…

En fin de visite, nous avons pu apprécier deux œuvres de Xavier de Langlais, peintre membre du mouvement des Seiz Breur : une peinture monumentale dans le cloître illustrant l’arrivée du moine Brieuc dans la baie au VIe siècle, et une fresque dans la crypte.

Visite de l’impressionnante villa Rohannec’h

Après le déjeuner, nous avons visité la Villa Rohannec’h. Cette propriété départementale, investie par des artistes dans le cadre de résidences, a fait l’objet d’un diagnostic réalisé par Ylex Architecture en 2024. Nous avons eu la chance d’être guidés par Valérie Lelliero, chargée de communication de l’agence, membre de notre réseau. Édifiée dans un cadre de verdure au début du XXe siècle par un armateur, la villa a bénéficié de travaux de sauvetage et d’entretien, mais son avenir reste à définir.

Sortie de réseau sur le chantier des fouilles de Saint-Frégant

Article rédigé par Virginie Morgant-Le Diffon


Le jeudi 18 septembre, les membres du réseau se sont réunis dans le nord du Finistère.
À Saint-Frégant, nous avons visité le chantier de fouilles de la villa gallo-romaine de Keradennec, guidés par Ronan Bourgault et Ninog Jaouen, responsables des fouilles.

Cette visite a été une totale découverte pour certains et une redécouverte pour d’autres. En effet, le réseau était déjà venu sur place il y a deux ans. La journée a donc été l’occasion, pour plusieurs d’entre nous, de constater l’avancée des fouilles et des études.

Édifiée à partir du Ier siècle et occupée jusqu’au haut Moyen Âge, la villa de Keradennec témoigne de l’influence romaine en Bretagne. Résidence aristocratique, exploitation agricole et centre artisanal frappant la monnaie, le site a connu plusieurs vies. Les fouilles ont révélé des thermes monumentaux, des espaces décorés d’enduits peints, ainsi que des ateliers, tels que celui consacré à la métallurgie.

Chaque mois de septembre, une équipe d’une vingtaine de personnes s’affaire à dégager la terre et à mettre au jour les vestiges de la villa, dont les dimensions semblent très importantes.

Parmi les évolutions notables, la cristallisation des maçonneries mises au jour permet aujourd’hui de stabiliser et de protéger les ruines tout en respectant leur authenticité. Ces travaux font partie du projet de restauration engagé par la commune de Saint-Frégant, propriétaire du site. Pour en assurer le financement, une campagne de collecte de dons, en partenariat avec la Fondation du Patrimoine, a été lancée.
👉 Pour soutenir le projet, il vous suffit de cliquer ici

Une conférence participative sur la santé mentale des indépendants

Après un repas partagé, nous avons assisté à une conférence sur la santé des entrepreneurs, un sujet essentiel pour nous tous, animée par Lydia Villefeu. Indépendants et petites entreprises composent notre réseau et exercent des métiers passionnants. Derrière cette passion se cachent des entrepreneurs qui vivent des moments de joie professionnelle, mais aussi des difficultés pouvant avoir une réelle incidence sur leur santé.

Isolement, fluctuations de la charge de travail, problématiques financières… nous sommes tous confrontés à ces réalités au cours de notre activité, à des degrés divers. Lydia nous a éclairés sur les signaux d’alerte et sensibilisés à l’importance de prendre soin de nous et de notre santé. Une belle occasion de partager nos expériences en toute humilité.

Journée Réseau au Pepac grand-Ouest

C’était, vendredi dernier, le temps de l’assemblée générale de l’association.
Nous étions accueillis par le PEPAC Grand Ouest (comprenez, le Pôle d’excellente du patrimoine, art et culture) à Quistinic, dans le Morbihan.
Nous avons pu rencontrer :
▪️ Magalie TROY, restauratrice, conservatrice de peinture, spécialisée dans l’art moderne. Elle nous a expliqué qu’on ne restaure pas un Tàpies comme on restaure un Van Eyck, que la peinture à l’huile et l’acrylique ne subissent pas les affres du temps de la même manière. Magalie travaille pour l’Unesco, la fondation Vasarely, restaure les plus beaux joyaux de la peinture moderne. On n’est pas peu fiers de l’avoir dans notre réseau.


▪️Agathe Briqué, doreuse ornemaniste, formée au château de Versailles, excusez du peu, nous a présenté les subtilités de son métier et son nuancier de feuilles d’or qu’on n’imaginait pas aussi fourni.


▪️Julie Beaume, restauratrice d’arts graphiques et reliure, nous a montré quelques pièces en restauration dans son atelier en ce moment : des gravures en mode « nettoyage », des livres anciens très abimés par des incidents domestiques (fuite d’eau par exemple) et elle nous a expliqué comment elle procède pour limiter la casse et sauver des manuscrits.


▪️Montaine BONGRAND, restauratrice textile, nous a présenté différents types de pièces sur lesquelles elle intervient : tapis et tapisserie, dentelle, tissage, laine, chanvre, lin, broderie, etc. Elle nous a expliqué l’exigence liée à son activité ; par exemple la recherche de couleur : avoir le fil de coton à la bonne couleur peut prendre jusqu’à trois jours d’essais en teinture.


▪️ Enfin, Maxime JAFFRE, ébéniste, nous a montré son univers et ses compétences. Il était en plein travail de restauration d’un magnifique bureau des années 50.